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Chaos

Une croissance démographique exponentielle, un développement hors de contrôle, un urbanisme inexistant, des embouteillages parmi les plus denses au monde font de Bangkok ce que disait le Corbusier à propos de New-York : un cataclysme au ralenti.  « Chaos » interroge le vivre ensemble dans les mégapoles : comment 20 millions d’êtres humains peuvent-ils cohabiter dans une même ville ? Comment font-ils pour se loger, se nourrir, se déplacer ? Est-ce là le futur de l’humanité ?

 

Grâce à la superposition des images dans l'appareil, Les silhouettes se confondent, les architectures se chevauchent, les trajectoires s’entremêlent. L’image devient alors le reflet de la compression urbaine et  de l’ accumulation humaine de capitale thaÏlandaise, dans  sa   confusion aussi oppressante que fascinante.

Voyage dans un mirage

Voyage dans un mirage

 

Dubbaï s'offre au regard derrière des vitrages ou des grillages. La lumière se réfléchit sur les vitres  des tours et les corps s’observent à travers les écrans, comme dans un décor de science‑fiction. Dans cette ville‑monde planifiée, lisse, ultratechnologique, tout  est parfaitement dessiné, les nœuds routiers, les chemins de fer, les tours orgueilleuses avec leurs pièces d’eau et leurs palmiers. Les caméras sont partout, les policiers aussi.

Dubaï se veut « ville du futur». Cette réalité deviendra-t-elle la nôtre ?  Sous quel contrôle et dans quelle artificialité accepterons-nous de vivre ? Un jour peut-être les archéologues retrouveront la cité ensevelie dans les sables, moins qu'elle ne s’évanouisse -comme un mirage, aussi soudainement qu’elle est apparue.

L'agonie du moderne

Cette série photographique a pour sujet la région industrielle de Charleroi en Belgique. Sa beauté sombre fascine. Les courbes des viaducs, la verticalité des poteaux du chemin de fer délabré attirent immédiatement le regard. Façonné par la sidérurgie, ce territoire est emblématique du rêve de modernité né au XIX è siècle. Celui-ci s’est développé au détriment du tissu urbain et a lentement périclité pour finir fracassé avec le chômage, la misère, le dérèglement climatique et la destruction de l’environnement. Aujourd’hui cette image de chaos et de déréliction du vieux monde moderne est atténuée par un début de renouveau urbain au visage plus humain. Ces photos témoignent d’une époque qui a laissé une trace indélébile sur le paysage naturel et humain.

Les dernières terres

Dans un monde qui change, les paysages, comme les espèces, sont menacés. Cette série de photosgraphies se veut la trace d’une nature en voie d’extinction à la périphérie sud de Lisbonne. Réalisée au cours d'une déambulation au milieu du béton et du gravier, elle aborde l’effacement inexorable d’un patrimoine naturel et agricole où la péri-urbanisation progresse rapidement. Cette histoire sensible rejoint la thématique universelle des rapports complexes que nous entretenons avec la nature, mais aussi l’âpre combat de celle-ci pour sa survie dans les interstices laissés par l’homme. Celui-ci n'a pas été photographié,pour laisser une voix à ces paysages qui continuent de se transformer sous son action. Ces « paysages cassés, usés, défaitss refaits, passés ou en devenir font écho à un paysage intérieur, celui d'une  enfance marquée par la disparition  d'anciennes prairies et et de  vergers,  qui avaient laissé la place au chemin de fer, à l’industrie lourde et aux maisons de rangée. Ces images sont le souvenir de ces émotions.

© 2025 Francoise Lerusse

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